JEHAN ANGO
Jehan Ango ou Jean Ango est né à Dieppe en 1480.
L'activité privée de Jean Ango allie commerce maritime régulier et course contre les Espagnols et les Portugais
Ango, qui a été autorisé à armer ses propres navires pour la guerre, aide François Ier dans sa lutte contre Charles Quint et contre l'Angleterre, il contribue à payer la rançon du roi de France fait prisonnier à Pavie (1525). François Ier le fait gouverneur de Dieppe. En outre, il est conseiller du roi pour les affaires maritimes et développe les ports de Rouen, de Honfleur et du Havre.
Mécène, Jean Ango s’entoure d’architectes et d’artistes, italiens surtout.
En 1525, il fait construire face au quai sa maison de Dieppe, qu’il baptise “La Pensée”, archétype de
l’ancienne maison normande revue par la Renaissance Italienne : tout en bois sculpté et doré, elle suscite l’admiration de tous.
Le “Médicis dieppois” achète à la famille de Longueil la terre de Varengeville. Entre 1530 et 1542, il y fait construire son château de Varengeville, sorte de palais d’été florentin pour lequel il utilisera beaucoup de matériaux locaux comme le grès, le silex, la brique, sur un domaine d’environ 5.000 hectares à l’origine.
À la mort de François Ier, tombé en disgrâce, il est un temps emprisonné (1549), mais il aide en 1550 au siège maritime de Boulogne.
Ango sait profiter des ressources royales: il est fermier du roi et organise pour le compte de ce dernier des explorations en direction de l'Afrique, de l'Amérique — en 1524, Giovanni Verrazano, capitaine de son navire la Dauphine, longe la côte est et découvre le site de la future New York.
Endetté, privé de son protecteur, le Roi de France, Ango meurt ruiné à Dieppe en 1551.
De 1551 à nos jours
La veuve de Jehan Ango, Anne Guillebert, vend le domaine de Varengeville à Jacques de Bauquemare, filleul de l’armateur ; le château reviendra plus tard dans la famille Guillebert et connaîtra plusieurs propriétaires successifs.
Le domaine servira longtemps de ferme.
C’est en 1862 que le “Manoir d’Ango” est classé Monument Historique sur la liste établie par Prosper Mérimée, qui comprend, entre autres, le Louvre, Notre-Dame de Paris, Versailles, Chambord, Chenonceaux, etc.
De 1928 à 1976, il est la propriété de Monsieur et Madame Hugot-Gratry qui donnent une grande impulsion à la restauration du monument et de ses abords.
La région attire maintes artistes, peintres, écrivains et musiciens. C’est ainsi que Aragon et Breton séjournèrent au Manoir d'Ango.
Conservé par leur famille, le monument vient de faire l’objet d’importants travaux de restauration, ce qui a permis, après deux années de fermeture aux visites, sa réouverture au public le 1er août 2007.